Patrimoine - Château-Musée

Le musée Louis-Philippe au Château d'Eu

 

La ville d'Eu s'enorgueillit d'un patrimoine riche et varié : site archéologique du Bois-L’abbé collégiale du XIIe siècle, hospices du XVIIe siècle, chapelle du collège des Jésuites construite en 1613 et abritant les cénotaphes de Catherine de Clèves et de Henri de Guise...
Un de ses attraits majeurs est le château d’Eu et son Musée Louis-Philippe. Celui-ci abrite une collection caractérisée par son ampleur et sa diversité : peintures, arts graphiques, sculptures, mobilier, objets d'art, souvenirs du Brésil. Ils forment un ensemble unique et cohérent, qui évoque l'histoire du lieu, de ses résidents, et le règne de Louis-Philippe. Depuis la naissance du château jusqu'à nos jours, les travaux, les achats, les dons de collectionneurs privés donnent vie à cette prestigieuse demeure.

Le château, la cour d'honneur, le jardin, les fabriques incluses dans la partie eudoise du parc sont classés Monuments Historiques depuis 1985.

 

En savoir plus : www.chateau-eu.fr

 

Chronologie...


1578-1588 : Premiers travaux
 
Catherine de Clèves, comtesse d'Eu, et son époux Henri de Lorraine, duc de Guise, entreprennent la construction d'un château à plan en « U ». L'assassinat du duc dix ans plus tard signe l'arrêt des travaux. Seule une aile et la moitié du corps de logis central seront achevées. Elles constituent la partie la plus ancienne du château.

 

1661 : la Grande Mademoiselle passe, à partir de cette date, une partie de son exil au château.
Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, comtesse d'Eu, entreprend des travaux d'embellissement pour ce domaine acquis en 1660. Le château est allongé d'un pavillon flanqué d'un précieux cabinet de toilette (partiellement redécoré sous Louis-Philippe), miraculeusement épargné.
L'intérieur du château est refait et accueille la richissime collection de portraits de la princesse. Complétée par Louis-Philippe, elle constituera le principal élément du décor mural de la galerie de Guises.

 

XVIIIe siècle : le château sommeille
Son propriétaire est le duc de Penthièvre.

 

1821 : le duc d'Orléans, futur Louis-Philippe, hérite du château à la mort de sa mère.

 
 

1826 : l'architecte Fontaine entreprend la modernisation du château, en améliore le confort et le remet au goût du jour. Des cuisines, des communs, des serres, une ferme, des caves creusées en sous-oeuvre sont réalisés. La largeur du château est doublée et la façade régularisée. Manifestation de l'anglomanie triomphante, Georges Packham réalise les précieux parquets de marqueterie des appartements du rez-de-chaussée et du premier étage.
Les verreries de la vallée de la Bresle réalisent les vitres des portes-fenêtres, fenêtres, lucarnes et tabatières.

 

Photo : sous-tasse représentant le château d'Eu après les travaux de Fontaine. Porcelaine, Manufacture de Sèvres, 1843.

 

1830-1848 :  Monarchie de Juillet
Louis-Philippe devient roi des Français et le château d'Eu devient résidence royale. La famille royale séjourne régulièrement et on construit «l'aile de la Bresle» ou «aile des vingt-deux chambres», capable d'accueillir salle du Conseil, logements des ministres, ambassadeurs, médecins et généraux pour le Gouvernement. Les collections exposées, acquises par Louis-Philippe pour le château, décrivent précisément le cadre de vie de la famille : mobilier de Jacob-Desmalter, services de porcelaine issus des ateliers de Paris et de Sèvres...

 

1843 et 1845 : Visites de la Reine Victoria au château.
L' «Entente cordiale» est scellée entre la France et l’Angleterre

 

1848-1852 : Seconde République
Le gouvernement ordonne la dispersion du mobilier du château.

 

1852-1870: Second Empire
Mise sous séquestre du château par l'Etat. Vide, il est surveillé par un intendant.

 

1872  : Restitution du château d'Eu au comte de Paris, petit-fils du Roi Louis-Philippe.

 

Entre 1874 et 1879 : le comte entreprend des travaux avec l'architecte Viollet-le-Duc. Ce dernier a déjà restauré le château de Pierrefonds pour Napoléon III (1859-1870), et celui de Roquetaillade (1864-1878). L'habitation est équipée de l'éclairage au gaz et du chauffage central. Représentatif des chantiers conduits par Viollet-le-Duc, le château est décoré d'ornements d'inspiration végétale richement colorés, ainsi que de vitraux.
L'architecte participe à l'ameublement du château en concevant un mobilier original en palissandre. Il conçoit également un vaste programme utilitaire, reflet des évolutions techniques, en dessinant pour les communs du château, une usine à gaz, un « fourneau économique » pour les pauvres, une fontaine publique…

 

1902 :  Incendie du château.
Il ravage l'essentiel de la partie sud du château. Le comte d'Eu et le prince Pierre d'Orléans-Bragance mènent les restaurations nécessaires.

 

1964  : la ville d'Eu acquiert le domaine.

 

1973 : ouverture du Musée Louis-Philippe.

Depuis, d'importantes restaurations sont menées pour restituer au château son aspect d'origine. L'étude des archives du château permet de retrouver des objets sur le marché de l'art, de connaître leur emplacement original dans le château.
Ainsi, les collections s'enrichissent régulièrement par des achats, dons ou dépôts.

 

Ampleurs et diversité des collections...

 

Berline brésilienne, Paris, 1727

Il s'agit de la plus ancienne voiture issue des ateliers de carrosserie parisiens conservée dans les collections publiques françaises. Elle a été commandée par le roi Jean V de Portugal (1707-1750), protecteur des arts et des sciences. Les mines d'or et de diamants récemment découvertes au Brésil, colonie portugaise, lui permettent de rivaliser en magnificence avec la cour de France.

 

 

Coffret à bijoux, porcelaine de Sèvres réticulée,  bronze doré, 1846.

Cet objet rare, original et raffiné a été acquis le 21 juin 2001 par la Ville d’Eu avec le soutien de MM. Dragesco et Cramoisan, Paris, et le Fonds Régional d'Acquisition des Musées de Haute-Normandie.

Pour sa réalisation, la manufacture de Sèvres a sollicité deux de
ses plus grands artistes : les plaques ajourées ont été réalisées
par Hyacinthe Régnier, modeleur et sculpteur, et la représentation des châteaux est due au pinceau de Jules André, graveur et peintre.
 

 

 

Paire de vases Floréal, porcelaine de Sèvres, 1848.

La paire a été acquise en 1994 par la Ville d’Eu, grâce au Fonds National du Patrimoine, au Fonds Régional d'Acquisition des Musées de Haute-Normandie, aux Amis du Musée Louis-Philippe et à l'Association Patrimoine Historique et Artistique de la ville d'Eu
Cette paire de vases a été commandée en 1847 par la reine Marie-Amélie, à la Manufacture de Sèvres, pour le « service des Présents ». Le destinataire du cadeau demeure anonyme. La forme « Floréal » a été dessinée en 1805 par Alexandre Brongniart, administrateur de la Manufacture de Sèvres de 1800 à 1847. Il s'agit de la plus grande paire de vases connue portant la double effigie royale.  Les meilleurs artistes de la manufacture ont été sollicités pour effectuer cette commande royale : Moriot pour les miniatures représentant Louis-Philippe et Marie-Amélie, d'après deux portraits peints en 1839 et 1842 par Wintherhalter, Richard pour les ornements et Boquet pour les bronzes dorés.
 

 

Lunettes de soleil du roi Louis-Philippe, métal et verre teinté, Bodson (opticien du Duc d'Orléans, Palais-Royal, Paris), première moitié du XIXe siècle.

Les lunettes ont été acquises le 14 octobre 2008 à la vente de succession de feus Monseigneur le comte de Paris et de Madame la comtesse de Paris, grâce au soutien de l'Etat par l'intermédiaire de la Direction régionale des Affaires Culturelles de Haute-Normandie, du Conseil Régional de Haute-Normandie, et d'une souscription publique lancée par l’Association des Amis du Musée Louis-Philippe.

Cette vente fut une des dernières opportunités d'acquérir des souvenirs historiques de cette provenance. Elle permit de faire entrer dans les collections des objets ayant appartenu à certains propriétaires du château ou les évoquant.

Peu d'objets témoignant la vie quotidienne et intime du souverain sont connus, contrairement à ceux issus de l'iconographie officielle ou de l'imagerie populaire.
Ces lunettes furent données par la reine Marie-Amélie à son petit-fils, le comte de Paris, peu après la mort de Louis-Philippe en 1850.
 

 

Pendule « Les Trois Grâces », marbre griotte, bronze doré et patiné,
H. 2m, fonte de Ferdinand Barbedienne (1810-1892), réduction
mécanique par Achille Collas (1794-1859), vers 1864.

Il s'agit du cadeau de mariage du duc d'Aumale à son neveu le comte d'Eu Gaston d'Orléans, et à son épouse Isabelle de Bragance, fille de l'empereur Pedro II, mariés à Rio de Janeiro le 15 octobre 1864. En 1889, l'Empire brésilien est renversé et la République proclamée. La famille impériale quitte alors le Brésil et s'exile en France. Le Comte et la Comtesse d'Eu s'installent au château d'Eu, qu'ils rachètent en 1905, et y placent la pendule.
Cette oeuvre est particulièrement originale pour sa monumentalité, la richesse des matériaux et les contrastes colorés qu'ils créent, la finesse de son exécution.

 

Informations pratiques...

 

Musée Louis-Philippe
Château d'Eu
76260 Eu

 

Renseignements et réservation
Tél. : 02 35 86 44 00
Courriel : chateau-musee@ville-eu.fr

 

Horaires d'ouverture
Ouvert du 15 mars au dimanche suivant la Toussaint
10h00-12h00 (caisse fermée à 11h30), 14h00-18h00 (caisse fermée à 17h30)
Fermé le mardi toute la journée et le vendredi matin

 

Droit d'entrée
Tarif adulte : 4 euros
Tarif adulte groupe (à partir de 10 personnes) : 3 euros
Tarif enfant et étudiant : 2 euros
Tarif enfant groupe (à partir de 10 personnes) : 1,5 euros
Gratuit pour les moins de 6 ans

 

Accueil
Billetterie, librairie, boutique
Documents en anglais, russe, italien, néerlandais, allemand…

 

Activités
Visites-conférences, Accueil spécifique pour les scolaires, les handicapés, etc.…sur rendez-vous. Document à disposition des visiteurs en anglais, russe, italien, néerlandais...

 

Un label pour le musée

 

Le château-musée Louis-Philippe vient de se voir attribuer le label "Maisons des Illustres" par le Ministère de la Culture et de la Communication. Au total, 111 maisons ( dont 4 seulement en Haute-Normandie) sont labellisées. Toutes conservent et transmettent la mémoire de femmes et d’hommes qui les ont habitées et se sont illustrés dans l’histoire politique, sociale et culturelle de la France. En ce qui concerne la ville d'Eu, le musée doit son label à Louis-Philippe, roi des français entre les Trois Glorieuses (1830). Pour plus d'information, www.culture.fr/fr/sections/themes/maisonsdesillustres

 

 

Les Amis du Musée Louis-Philippe
L'Association des Amis du Musée Louis-Philippe propose, par correspondance, des articles sur le château et ses collections (documentaires, cartes postales, jeux...)

 

Lien :
Portail des musées hauts normands :

http://www.musees-haute-normandie.fr