Patrimoine - Château-Musée
Un peu d'histoire...

Lorsqu'en 1050, Guillaume le Conquérant épousa au château d'Eu Mathilde de Flandres, une forteresse existait déjà sur cette frontière septentrionale de la Normandie. La ville d'Eu ayant été incendiée en 1475 sur ordre de Louis XI qui craignait que le comte de Saint-Pol ne livrât la ville aux Anglais, le comte d'Eu d'alors, Jean de Bourgogne, éleva rapidement un simple manoir avec une tourelle d'escalier extérieure.
Il faut attendre la fin du XVIe siècle pour que Catherine de Clèves, comtesse d'Eu, et son époux, Henri de Lorraine, duc de Guise, "le Balafré", commencent la construction d'un vaste château à plan en "U". Mais une seule aile et la moitié du corps de logis central seront réalisées.
Le château que nous voyons actuellement, avec ses hautes toitures d'ardoise violette et ses murs de brique et pierre, n'est donc qu'une aile du château prévu initialement.

En 1663, Anne-Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, comtesse d'Eu, exilée par Louis XIV dans son domaine normand hérité de sa grand-mère maternelle, Catherine-Henriette de Joyeuse, y apporta sa très riche collection de portraits et fit décorer l'intérieur du château qu'elle avait allongé d'un pavillon flanqué d'un délicieux cabinet de toilette, aujourd'hui encore miraculeusement épargné. On aménagea un jardin à l'anglaise en remblayant le bastion devant la façade occidentale et, dans le parc nouvellement planté d'ormes, de tilleuls et d'arbres fruitiers, un petit château reposait Mademoiselle de la majesté du grand château, tandis qu'un pavillon lui permettait d'admirer la mer.
Le XVIIIe siècle ne fut qu'une longue période terne. Seul le duc de Penthièvre tenta le percement d'un canal du port du Tréport jusqu'à Eu.

A la mort de sa mère en 1821, c'est au duc d'Orléans que revint alors le domaine d'Eu. Dès 1828, Fontaine commença à restaurer le château lui-même. Des cuisines, des communs, des serres et une ferme furent construits pour servir le bien-être des princes ; des caves furent creusées en sous-œuvre. De grandes vitres furent commandées aux verreries de la vallée de la Bresle pour garnir les quatre-vingts portes-fenêtres, fenêtres, lucarnes et tabatières, tandis que de somptueux parquets de marqueterie, dus au talent de l'Anglais Packham, recouvraient tous les sols des appartements du rez-de-chaussée et du premier étage du château.

Sous le règne du roi-citoyen, la famille royale et le gouvernement se déplaçaient sans cesse entre Paris, Saint-Cloud, Neuilly et Eu où avait été spécialement aménagée « l'aile de la Bresle » ou « aile des vingt-deux chambres » pour accueillir salle du Conseil, logements des ministres, ambassadeurs, médecins et généraux. La ville d'Eu, devenue royale, bénéficiait de cette intense activité et un canal, doublé par une nouvelle route royale, la reliait enfin au port voisin du Tréport. Cette année 1843 fut certes la période la plus illustre du château d'Eu : la visite de la reine Victoria d'Angleterre allait permettre de sceller la première "Entente Cordiale" entre les deux pays.
Le château d'Eu vécut encore des heures heureuses avec le comte de Paris, petit-fils du roi Louis-Philippe et héritier du trône qui, après avoir recouvré ses biens à l'issue de la Commune, chargea Viollet-le-Duc, de 1874 à 1879, de l'aménagement et de la décoration de l'ensemble du domaine. C'est cette dernière phase de décoration que l'on peut encore admirer dans la moitié nord du château, avec sa profusion de couleurs, ses prouesses métalliques, ses vitraux, son luxe de détails inspirés des végétaux, prémices de l'Art Nouveau. Viollet-le-Duc laissa en outre au domaine d'Eu un programme utilitaire fort intéressant : il dessina pour les communs du château des grilles, une usine à gaz, une école, un "fourneau économique" pour les pauvres, une fontaine publique réaménagea et agrandit les écuries, créa des bassins, balustrades et réverbères, doubla les cuisines…
De plus, le comte de Paris, passionné par les principes anglais d'agronomie, créa une ferme modèle. Et c'est à un élève de Viollet-le-Duc, Morice, qu'il eut encore le temps de confier, avant son départ en exil en 1886, la restauration de la chapelle Sainte-Croix, maintenant à l'abandon.

Un incendie ravagea toute la partie sud du château en 1902, épargnant la chapelle et le cabinet de toilette. Les restaurations qui s'imposaient furent courageusement menées à bien par le comte d'Eu et le prince Pierre d'Orléans-Bragance, grand-père et père d’Isabelle d’Orléans-Bragance, comtesse de Paris. Après de multiples péripéties, c'est finalement la ville d'Eu qui acheta le château en 1964, et y installa en 1973 sa mairie et un musée destiné à recueillir les souvenirs des princes d'Orléans et de la Monarchie de Juillet.

MUSEE PRATIQUE
Le Musée Louis-Philippe du château d’Eu vous accueille tous les jours, sauf le mardi toute la journée et le vendredi matin, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Tarifs : 4 euros pour les adultes (3 euros en groupe de plus de 10 personnes), 2 euros pour les enfants et les étudiants (gratuit pour les moins de 6 ans). Possibilité de visites-conférences et d'accueil spécifique pour les scolaires, les personnes handicapées... Renseignements au 02.35.86.44.00, poste 4100.
Ouverture du 15 mars au dimanche suivant la Toussaint
Tous les jours, sauf mardi (journée) et vendredi (matin).
A l’accueil : billetterie, vidéo documentaire (20 min) et boutique
Horaires : 10 h à 12 h et 14 h à 18 h - (Caisse fermée à 11 h 30 et 17 h 30)
Accueil spécifique : pour scolaires, handicapés, etc.…sur rendez-vous
Document à disposition des visiteurs en anglais, russe, italien, néerlandais...
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le programme des ateliers organisés pour les scolaires
LA BOUTIQUE
L'association des Amis du Musée Louis-Philippe propose, par correspondance, des cartes postales, des cartes doubles, un jeu des sept familles du Château d'Eu, une cassette sur la restauration de la berline de Jean V de Portugal, un petit abécédaire (livret historique avec notices classées alphabétiquement), des stylos, des verres, des coupelles monogrammées... et la réédition du Carré de soie créé par Hermès pour commémorer l'Entente Cordiale du Château d'Eu (visite de la reine Victoria à Eu en 1843).
LE SITE EDUCATIF DU MUSEE LOUIS-PHILIPPE

Éduquer au patrimoine, retracer l'évolution d'un château au fil des siècles, retrouver l'empreinte de ses illustres résidents et, à travers elle, évoquer les événements qui ont marqué son histoire, ou tout simplement revisiter un temps révolu en cheminant à travers ses collections et les menus objets de la vie quotidienne, tels sont quelques-uns des objectifs de ce site. Le château d'Eu ayant été la demeure préférée du Roi des Français, il était normal que le site éducatif s'intéresse essentiellement à la période de la Monarchie de Juillet. Toutefois, étant en cours de construction, ce site reste encore largement inachevé et ne donne pour l'instant que quelques pistes susceptibles d'être exploitées avec des élèves. Il est donc utile de rappeler que le service éducatif se tient à la disposition des enseignants pour aider à la préparation de tout projet pédagogique. Car, plus encore peut-être, ce site se veut une invitation pour tous ceux qui désirent visiter le château d'Eu à venir le découvrir par eux-mêmes, et aux professeurs à y amener leurs élèves. Pouvoir faire partager ce patrimoine unique, le faire vivre, et éveiller la curiosité des uns et des autres à travers les histoires, petites et grandes, qui se cachent dans ses murs ou au détour des allées de son jardin ou de son parc, voilà sans doute notre secret désir. Alors, nous vous disons à bientôt, au château d'Eu...