Présentation - Un peu d'histoire

Au sud-est d’Eu, dominant la vallée de la Bresle et le vallon de Saint-Pierre-en-Val, le plateau de Beaumont est occupé depuis le néolithique. D’importants vestiges de l’époque gallo-romaine ont été repérés au lieu-dit «le Bois l’Abbé ». L’occupation de ce site est avérée du Ier siècle av. J.C jusqu’au IVe siècle. Après l’abandon de la colline du Bois-l’Abbé au IVe siècle, il semble qu’un castrum se soit établi à l’emplacement qu’occupent aujourd’hui la collégiale et le château.
En 996, le petit-fils de Rollon, Richard Ier, crée le comté d’Eu. Successivement, les maisons de Lusignan, de Brienne, d’Artois, de Bourgogne et de Clèves, sont à la tête du comté d’Eu. Pendant tout le Moyen-Age, l’histoire de la ville d’Eu se confond avec celle du comté, histoire qui connaît ses heures de gloire mais aussi de calamités.

C’est à Eu que Guillaume le Conquérant épouse Mathilde en 1050. Quelque cent ans plus tard, en 1151 exactement, le comte Jean octroie une charte aux bourgeois de Eu faisant de la ville la plus vieille commune de Normandie (la mairie possède toujours ce précieux document).
La Guerre de Cent Ans n’épargne pas la cité : le 10 juillet 1475, le roi de France Louis XI donne l’ordre d’incendier la ville d’Eu de peur qu’elle ne soit livrée aux Anglais. Ce jour funeste restera dans les annales de la ville sous le nom de « Mardi Piteux » où seuls les établissements religieux furent épargnés des flammes. Mais la ville renaît de ses cendres.
La vie intellectuelle fleurit sous Henri le Balafré, duc de Guise, marié à Catherine de Clèves, 26e comtesse d’Eu, qui fait construire l’actuel château en 1578, fonde le collège des Jésuites en 1580. Son assassinat à Blois, en 1588, stoppe ses travaux.

Durant toute son histoire, la ville n’est pas épargnée par les fléaux. Outre les guerres, les épidémies, notamment de peste, font des ravages réguliers. La peste de 1636 est particulièrement virulente. Les autorités municipales commandent à l’orfèvre eudois Avril une Vierge votive en argent et font le vœu à perpétuité d’une procession annuelle pour mettre un terme à l’épidémie. Aujourd’hui ce vœu est toujours respecté…
Mais les conséquences de la peste de 1636 ne seront pas que néfastes : les autorités religieuses et civiles prennent conscience de la nécessité de disposer, à Eu, d’une réelle structure d’accueil pour les malades. C’est ainsi que sera construit l’Hôtel-Dieu en 1658. Les sœurs hospitalières de la Miséricorde de Jésus (de l’ordre de saint Augustin) s’en occupèrent jusqu’en 1967.
Le XVIIe siècle continue dans le faste. En 1660, la duchesse de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle, cousine germaine de Louis XIV et plus riche héritière de France, achète le comté d’Eu. Elle s’installe au château d’Eu en 1677, le transforme, aménage un jardin à la Française, fait construire un petit château dans le parc, dote la ville d’un hôpital et dispense de nombreuses aumônes. Pour tenter d’obtenir la libération de son bien-aimé (Lauzun), prisonnier de Louis XIV à Pignerol, la Grande Mademoiselle fait don du comté d’Eu au duc du Maine, fils légitimé du roi et de Mme de Montespan. Mais les fils du duc du Maine meurent sans postérité. Le comté revient donc au duc de Penthièvre, fils du comte de Toulouse, frère aîné du duc du Maine. C’est le grand-père maternel du futur roi Louis-Philippe qui hérite du château en 1821. Eu devient résidence royale et profite des fréquents séjours de Louis-Philippe et sa famille. C’est en grandes pompes que la reine d’Angleterre, Victoria, y est reçue en 1843.

La fin du XIXe siècle se termine avec le Comte de Paris (qui réaménage le château avec le célèbre architecte Viollet-le-Duc qui signe son dernier chantier au château) et le comte d’Eu. Le début du XXe siècle commence plutôt mal : une partie du château est détruite par un incendie en 1902. Les deux guerres mondiales laissent leur lot de dévastations, de privations et de deuils.
Economiquement, de 1918 jusqu’à la crise de 1929, Eu profite de l’activité générale et les verreries manuelles ou semi-manuelles contribuent à son développement même si la population ne s’accroît pas.
C’est riche de cette fastueuse histoire pluriséculaire que Eu aborde ce nouveau millénaire.