Culture et Patrimoine

Le site archéologique du Bois l'Abbé

Aux origines antiques de Briga

Aux origines antiques de Briga - Le site archéologique du Bois l'Abbé - Ville d'Eu Tourisme

Situation :

Le site archéologique Gallo-romain du Bois l’Abbé se situe aux confins de la Normandie et de la Picardie, au cœur de la Forêt d’Eu sur la route de Beaumont.
Culminant à 131 mètres d’altitude, il domine la Vallée de la Bresle au Nord, et la petite vallée sèche de Saint-Pierre-en-Val au Sud-ouest.


Un peu d’Histoire :

Découvert par hasard à la fin du XVIIIème siècle lors du percement d’une route (actuelle route de Beaumont), le site fait l’objet de fouilles successives dès le XIXème siècle.
On y découvre un temple et un théâtre antiques. Les constructions semblent s’étendre sur plus de 150 mètres de longueur.

Dès 1965, des études archéologiques sont reprises sur le site, confiées à Michel Mangard et son équipe. Celles-ci révèlent que les vestiges du site Gallo-romain sont associés à tout un ensemble de structures encore enfouies qui couvriraient au minimum 30 hectares.
En 1995, un Service Municipal d’Archéologie est créé afin de poursuivre l'exploitation du site en collaboration avec la DRAC (service régional d’archéologie). Professionnels, bénévoles, amateurs d’archéologie se succèdent alors pour fouiller les sols à la recherche d’autres trésors et pour définir la nature et la chronologie des découvertes.
Le site accueille encore aujourd’hui de nombreux étudiants, bénévoles et amoureux d’histoire qui poursuivent inlassablement les recherches et les sondages aux côtés des archéologues.
L’antique ville de Briga continue de nous faire voyager dans le temps bien qu’elle ne nous ait pas encore révélé tous ses secrets…

Le site archéologique du Bois l'Abbé - Ville d'Eu Tourisme

Découvertes :

Un temple, un théâtre (mis au jour par Louis Estancelin dès 1820), un établissement thermal, divers objets de la vie quotidienne (poteries, récipients en verre…), une statuette de Mercure, des sites de fabrication artisanale sont autant de témoignages de l’activité de la ville.
Les fouilles menées de 1995 à 2000 sous la direction de Laurent Cholet ont permis de préciser la nature et la chronologie des abords du site : structures privées, voieries, édifices thermaux… Le site fut alors ouvert au public et amena diverses actions pédagogiques grâce auxquelles les jeunes purent s’initier à l’archéologie.
Dès 2002, la reprise des fouilles, en collaboration avec Etienne Mantel (service d’archéologie de Haute-Normandie) ont eu pour but la sauvegarde des données et vestiges du site. La complexité de l’ensemble monumental fut établie sous la direction de la SMAVE (service municipal d’archéologie de la ville d’Eu, avec Laurent Cholet, Nicolas Fournier puis Etienne Mantel dès 2006).


L’esplanade ainsi que la plaque dédicatoire brisée en 46 morceaux répondirent à de nombreuses incertitudes. Cette plaque mentionnant la basilique ainsi que le nom de la ville antique, Briga, permis de placer ces vestiges culturels comme faisant partie d’un complexe monumental et religieux : un forum. Cela atteste de l’existence avérée d’une agglomération antique. Des prospections pédestres en forêt laissent supposer que le site peut finalement s’étendre sur une cinquantaine d’hectares.


Briga recèle des vestiges antiques urbains, assez bien conservés (sans constructions plus récentes ou futurs aménagements), qui n'ont guère actuellement d'équivalents dans le nord de la France. Ce site contribue aux débats sur l’origine des agglomérations secondaires dans les campagnes antiques de la Gaule du Nord et leurs rapports avec les chefs-lieux de cités.

Visites

Visites - Le site archéologique du Bois l'Abbé - Ville d'Eu Tourisme

Visites guidées du site et du dépôt de fouilles

Visites individuelles : (prévoir de bonnes chaussures de marche)
Départ de la visite à 14h
Durée : environ 2 heures
Tous les jours sauf le week-end en juillet et août.
Tarifs :
- Adultes (+ de 16 ans) : 5,00 €
- Jeunes (6 à 16 ans) et étudiants sur présentation de la carte : 2,00 €
- Moins de 6 ans : gratuit / Chèques vacances acceptés

Visites de groupes (10 personnes et plus) :
Sur réservation, de mai à septembre.
Contact : Service archéologique municipal
Tél. : 09 63 43 26 81/ archeo@ville-eu.fr

 

Journée ou court séjour "à la découverte de l'archéologie"

Visite du site et du dépôt de fouilles + ateliers thématiques (initiation aux techniques de fouilles, traitement et études des objets archéologiques…)
Sur réservation, d'avril à septembre.
Tarifs enfants (scolaires et centres de loisirs)
- 60 € par prestation de 2h et par groupe de 15 personnes
Tarifs adultes (CE, etc.)
- 70 € par prestation de 2h et par groupe de 15 personnes
Visite gratuite pour les scolaires de la ville d'Eu.
Contact : Guillaume BLONDEL
Tél. : 09 63 43 26 81 / guillaume.blondel@ville-eu.fr

Parking et billetterie sur place

 

Participer aux recherches en tant que bénévole

Participer aux recherches en tant que bénévole  - Le site archéologique du Bois l'Abbé - Ville d'Eu Tourisme

Nature des activités : recherches sur le complexe monumental antique de Briga et sur la zone d'habitat périphérique. Terrassement à fouille fine, relevés, post-fouille (nettoyage, recollage, etc.).
Périodes concernées : Protohistoire et Gaule-romaine.
Conditions d'inscription : 18 ans minimum, vaccination antitétanique à jour, bonne condition physique, participation de 2 semaines minimum.
Hébergement : couchage sous tente (prévoir son matériel de camping complet, petite pharmacie, etc.), repas préparés et pris en charge durant les jours de travail, vêtements adaptés, bonnes chaussures, véhicule conseillé (site isolé en forêt).

Envoyer CV et lettre de motivation à :
Etienne MANTEL
14, Grand Rue
80540 CAMPS-EN-AMIÉNOIS
etienne.mantel@hotmail.fr

http://fatratalou.wix.com/archeologie#!le-site-du-bois-labb/cxdt

 

Le SMAVE, opérateur d'archéologie préventive

Conjointement à son activité sur le site du "Bois l'Abbé", le Service Municipal d'Archéologie de la Ville d'Eu est agréé pour les fouilles archéologiques préventives, des périodes gallo-romaines à contemporaine (agrément du service par décision ministérielle du 18 juillet 2003, confirmé le 12 avril 2006, puis le 29 octobre 2008).

Les opérations récentes :

Fouilles

Le Tréport - Chemin des Granges
Aménageur : SCI SELMA Immobilier

Les fouilles réalisées au Tréport, chemin des Granges, font suite au diagnostic positif effectué en juin 2011 par Emmanuel Petit (INRAP), dans le cadre d'un projet de lotissement (SCI SELMA Immobilier). Ces recherches préalables avaient révélé "une sépulture à incinération de la fin de La Tène C2/début D1 et un complexe pouvant correspondre à une villa gallo-romaine".
Les fouilles ont mobilisé une équipe de 7 personnes en moyenne et se sont déroulées de mars à juin 2012, sur une surface de 13.400 m2 correspondant à la moitié orientale du projet immobilier.
Dans son ensemble, le site est apparu très arasé du fait des travaux agricoles séculaires.
Le mobilier céramique recueilli confirme la fourchette chronologique établie lors du diagnostic, couvrant La Tène finale – voire la fin de La Tène moyenne – jusqu'au milieu du IIe siècle. Quant à l'outillage lithique (grattoirs, lames, perçoir, nucleus...), découvert de façon erratique sur l'ensemble du site et de ses abords, il ne permet pas de conjecturer sur l'occupation du secteur dès la fin du Néolithique.
Différents états d'enclos fossoyés ont été observés, associés à des structures en creux (fosses, trous de poteaux, mares, structures de stockage...) et, pour la période antique, cinq bâtiments sur fondations légères en silex.
Circonscrite à l'emprise du projet immobilier, la fouille n'a permis qu'une lecture très partielle du site qui paraît se développer vers le sud-est. Toutefois, l'ensemble des vestiges mis au jour tend à indiquer une évolution en continu, d'un établissement rural laténien vers une villa gallo-romaine.

 

Neuville-lès-Dieppe - "Le Val d'Arquet"
Aménageur : SODINEUF - Habitat Normand
A Neuville-lès-Dieppe, "le Val d’Arquet", un projet immobilier du promoteur Sodineuf - Habitat Normand avait motivé la réalisation d'un diagnostic archéologique en juin 2011. Sous la direction de François Delahaye (INRAP), ces recherches avaient révélé, dans un contexte archéologique marqué par l'oppidum de Bracquemont (à quelque 800 m au nord-est), "les traces d’une occupation laténienne matérialisée par deux systèmes d’enclos reconnus partiellement [avec une possible] continuité d’occupation dans les premières décennies de notre ère".
Les fouilles se sont déroulées de novembre 2012 à mars 2013, sur une surface de près de 15.000 m2, correspondant au quart nord-ouest du projet.
Les données recueillies couvrent la période de La Tène finale jusqu’au début du IIe siècle de notre ère.
L'ensemble fossoyé reconnu au sud-ouest de la zone décapée (Ensemble B) correspond à l’angle d’un établissement rural se développant hors emprise, ainsi qu'un probable chemin draîné et/ou limite parcellaire. L'ensemble est implanté selon une trame orthogonale d'axes NE/SO et NO/SE. Le mobilier, essentiellement composé de céramique dite "veauvillaise", permet de rattacher cette occupation à La Tène finale. Cette production, initialement reconnue lors des fouilles sur le tracé de l'A29 entre Le Havre et Yvetot, est diffusée jusqu'aux environs de l'oppidum de Bracquemont. Le lot mis au jour au "Val d'Arquet" contribue à en préciser les aspects typo-chronologiques.
Par la suite, l'habitat protohistorique paraît abandonné au profit d'un nouvel emplacement :
l'occupation se déplace plus au nord (Ensemble A), où les vestiges reconnus fossés d'enclos, bâtiments sur poteaux, fosses, mares et structures de combustion – sont associés à un mobilier couvrant la période augustéenne aux premières décennies du IIe siècle de notre ère.
La trame axiale préalable semble respectée. Trois enclos se succèdent ; les réorganisations de l'espace sont limitées. Le schéma récurrent de fossés doubles délimitant une cour trapézoïdale montre une forme de continuité dans l'évolution de l'établissement.
Aucun indice mobilier ne permet d’attester l’occupation du site au-delà du milieu du IIe s. Seule une série de trous de poteaux alignés, attribuables au plus tôt à la fin de la période moderne, témoigne des ultimes aménagements reconnus sur la parcelle.

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Etalondes - "La Plaine du Chemin Saint-Martin"
Aménageur : Immobilière Européenne des Mousquetaires
Le projet de l'EURL PHC d’implanter une ZAC à Etalondes (76), au lieu-dit "La Plaine du Chemin Saint-Martin", a motivé la réalisation d'un diagnostic archéologique. Réalisé par l’INRAP en octobre 2009 (resp. F. Kliesch), celui-ci a révélé la “présence d’une partie d’un établissement rural antique important”, confirmant ainsi les résultats des prospections effectuées par E. Mantel (DRAC / Sce Ral de l'Archéologie) dans les années 1990. Considérant l'état de conservation satisfaisant des vestiges, une fouille était prescrite au début de l'année 2010, sur l'ensemble du projet, soit 4 ha environ.A la fin de l’année 2012, après trois ans de déshérence, le projet d'aménagement de la zone était repris par l'Immobilière Européenne des Mousquetaires pour l'implantation d'une enseigne Bricomarché, et la fouille confiée au service archéologique de la Ville d'Eu.
L'opération s'est déroulée en deux tranches (de mai à mi-juillet et en novembre-décembre 2013) ; elle a mobilisé une équipe de 9 personnes en moyenne. La surface totale exploitée est de 32.700 m2 environ.
Les vestiges mis au jour couvrent le Haut-Empire et confirment la fourchette chronologique établie lors du diagnostic. Les témoins d'occupation les plus anciens sont caractérisés par quelques fossés parcellaires d'axes SO/NE et NO/SE, attribuables aux premières décennies de notre ère.
Probablement dans le courant de la seconde moitié du Ier s., une voie large de 6 m est implantée selon un axe O-SO/E-NE ; elle a été reconnue sur la totalité de la zone fouillée, soit un tronçon rectilinéaire de 260 m (voie côtière reliant Lillebonne à Boulogne-sur-Mer ?). Des parcelles quadrangulaires s'organisent au nord et le long de cet axe de circulation. Au moins deux états peuvent être distingués. Ces espaces délimités par des fossés sont variablement associés à des bâtiments (sur poteaux, sablières, ou encore fondations de silex montés à sec et/ou semelles de craie damée), ainsi que diverses structures excavées, destinées notamment au stockage. 8 sépultures à incinération ont également été découvertes, réparties sur 4 parcelles, le plus souvent reléguées en fond et au nord de ces dernières.
Les vestiges mis au jour invalident l’interprétation initiale d’un établissement rural et correspondent plus vraisemblablement à une occupation organisée en bordure d’un axe routier.
A moins de 2 km au sud-ouest, entre les communes d'Étalondes et Saint-Rémy-Boscrocourt, sur le tracé de la voie antique de Dieppe à Eu, les prospections réalisées en 1993 et 1994 par E. Mantel ont mis en évidence des indices de sites dont la concentration suggère au minimum un "habitat groupé". De fait, il est tentant d'associer les découvertes de "La Plaine du Chemin Saint-Martin" à cet éventuel vicus routier. Le propos est conjectural : l'emprise de fouille limitée et l'arasement des structures interdisent une telle caractérisation de l'occupation en l'état actuel des recherches.

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Diagnostics archéologiques sur la commune d'Eu
Quartier Morris

Aménageur : Habitat 76
Un diagnostic s'est déroulé du 30 septembre 2013 au 03 octobre 2013 sur le site de la caserne Morris. 8 tranchées ont été réalisées, perpendiculaires au cours d’eau de la Busine et couvrant une surface totale de 1.070 m2 soit 9% du projet.
Des vestiges maçonnés ont été mis au jour à l'ouest du site, correspondant aux fondations d'un bâtiment et d'un mur d'enceinte. Matériaux et techniques de construction sont similaires et permettent d'envisager des structures synchrones. Le mobilier associé est moderne et couvre la période du début du XVIIe s. à la fin du XVIIIe s.
Plus à l'est, les traces d'une seconde enceinte ont également été relevées. Les données stratigraphiques tendraient à rattacher cette construction à la fin du XVIIIe s.
Les différentes structures observées peuvent être raisonnablement mises en rapport avec une ferme périurbaine dont font état plusieurs documents d'archives, entre 1763 (carte topographique des environs des villes d'Eu et du Tréport) et 1826 (cadastre).
L’ensemble des constructions décrites ci-dessus est détruit au plus tard en 1842, lors de l'édification de l’ancienne caserne de cavalerie.
Du mobilier gallo-romain (céramiques, monnaies, tuiles), daté du Ier au IVe s. de notre ère, a été découvert en quantité. Souvent associés à des éléments de la période moderne (céramiques, monnaies type double tournois, boucle de chaussure), ces objets ont été mis au jour dans des niveaux remaniés, et notamment en contexte de remblais. S'ils ne suffisent à attester une occupation gallo-romaine sur le site même du quartier Morris, leur abondance témoigne toutefois de la proximité d'une implantation antique.

 

Rue Foch
Aménageur : ARKEA Promotion
Un projet immobilier au 14, rue du Maréchal Foch a nécessité la réalisation d'un diagnostic archéologique. Celui-ci a été conduit du 18 au 25 février 2014 ; il a mobilisé une équipe de 5 personnes. Trois tranchées ont été ouvertes, couvrant une surface de 270 m2 soit 10,5 % du projet.
Un fossé d'axe sensiblement E/O a été mis au jour dans deux des tranchées. Puissant, il présente un profil en V conservé sur plus de 4 m de profondeur (le fond n'a pas été atteint pour des raisons de sécurité) pour une ouverture d'environ 9 m au niveau du décapage. Le mobilier recueilli dans les niveaux supérieurs du comblement est attribuable au XVe s.
Si les dimensions de l'ouvrage suggèrent une fonction défensive, son implantation ne permet pas de le rattacher à l'enceinte du XIIe s., encore bien visible dans le paysage urbain. Faut-il alors voir une relation avec le "castrum Augam" évoqué par Frodoard au Xe s. ?
Aucun vestige ou niveau d'occupation n'a été observé dans la partie nord de la parcelle, arasée jusqu'au terrain naturel, notamment lors du percement de la rue du Tréport – actuelle rue Jean Duhornay – en 1844. L'amorce d'un escarpement bordant le fossé marque ainsi la lilmite septentrionale des niveaux anthropiques antérieurs à l'ère industrielle.
En revanche, au sud du fossé, les sondages ont livré les vestiges d'une occupation des XIIIe au XVe s. (habitat ?).
Le XVIe s. semble marquer un hiatus, si ce n'est de l'occupation, tout du moins de sa nature (jardins ?). Ces données sont corroborées par un plan de la ville de 1590 sur lequel ne figure aucun bâtiment à l’emplacement du futur projet. De la même manière, ce document semble témoigner d’une légère extension du domaine seigneurial jusqu’au bord de l’actuelle rue Foch.
La Déclaration par le menu du Comté d'Eu (1658) suggère la vente de parcelles consécutive au comblement du fossé durant la 1ère moitié du XVIIe s. Les vestiges maçonnés, observés par la suite, correspondent pour partie à différents états d’habitations des périodes moderne et contemporaine. Une cave, figurée sur le cadastre napoléonien de 1826, a ainsi été mise au jour.
La maison bourgeoise, conservée et réhabilitée dans le cadre du projet immobilier, est une réalisation de la fin du XIXe s.